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Le Champ Clos Catalan

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21 mars 2016

VADI - PARIS - AVRIL 2016

L'étude, le partage, les entrainements continuent.

Qu'on se le dise :

2016022021_stage_vadi_affiche_webis

Ci-joint les liens de vidéos, à Salle d'Escrime Ancienne, concernant l'approche de l'Arte Gladiatoria Dimicanci :

http://eccmlatour.canalblog.com/archives/vadi_en_video/index.html

Le site You-tube où elles sont hébergées :

https://www.youtube.com/channel/UCGEN2r-8zmXylSqcoCp0qpQ

Et une présentation de différentes applications compilées :

https://www.youtube.com/watch?v=z0W6ZN1ruVg

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3 mars 2016

CODE DE DEONTOLOGIE

PAR L'ACADEMIE D'ARMES INTERNATIONALE

(Extraits)

TITRE II - RELATIONS AVEC LES CONFRERES

 

ART. 18 - Rapports entre confrères en général.
L’enseignant d’escrime a le devoir de maintenir toujours un comportement correct et loyal à l’égard des confrères.
L’enseignant d’escrime, sauf raisons particulières, ne peut pas refuser la demande de leçon de la part d’un confrère de niveau technique inférieur, mais il peut la refuser au confrère de niveau technique égal ou supérieur.

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ART. 19 - Rapports entre confrères dans le travail avec les élèves et les clients.
Dans l’activité didactique et de consultation technique, l’enseignant d’escrime a le devoir de sauvegarder autant que possible les bons rapports avec les confrères. Si un enseignant d’escrime reçoit la demande de donner leçon à un élève d’un autre enseignant, il doit le communiquer préventivement au confrère. Dans l’exercice de son activité de consultation technique, l’enseignant d’escrime peut collaborer avec ses confrères et autres experts de matières similaires et connexes à la discipline de l’escrime, même en échangeant informations et opinions, toujours dans l’intérêt de son client. Dans les cas d’enseignement conjoint chaque enseignant d’escrime a le devoir de consulter son confrère en fonctions des choix didactiques et de l’informer du contenu des leçons données à l’élève commun, pour éviter toutes différences et contradictions méthodologiques pendant le travail.

ART. 20 - Rapports entre confrères et avec les institutions.
L’enseignant d’escrime a le devoir de collaborer avec les institutions nationales et internationales du monde de l’escrime pour la réalisation des finalités générales, en observant scrupuleusement le devoir de vérité. Dans le cadre d’une procédure disciplinaire, le refus/omission d’un enseignant à répondre aux griefs communiqués et/ou à présenter des observations défensives ne constitue pas une infraction disciplinaire, alors que tel comportement pourrait être évalué par les organes juridictionnels compétents dans la formation de leurs convictions. Toutefois, si lesdits organes exigent des explications, des nouvelles ou des obligations relativement à une plainte déposée par un confrère ou par n’importe qui puisse en avoir l'intérêt, le refus/omission à répondre aux appels des organes constitue une infraction disciplinaire. L'enseignant d’escrime, appelé à juger ou a témoigner sur le travail de ses confrères, doit accomplir sa tâche avec diligence, impartialité et dans l’intérêt de la catégorie magistrale.

ART. 21 - Rapports avec les collaborateurs.
L’enseignant d’escrime a le devoir de permettre à ses collaborateurs d’améliorer leur formation e de les rétribuer en proportion de leur travail.

ART. 22 – Rapports avec les stagiaires.
Si responsable de l’apprentissage des stagiaires, l’enseignant d’escrime a le devoir de leur garantir une formation convenable. L’enseignant d’escrime doit fournir aux stagiaires un milieu de travail convenable, en reconnaissant, après une période initiale, une rétribution proportionnée à leur travail. L’enseignant d’escrime a le devoir de certifier les stages selon vérité, diligence et indépendance, sans favoritisme. Donner aux stagiaires la charge d’exécuter des activités d’enseignement interdites constitue infraction disciplinaire.

ART. 23 - Opinions sur les confrères.
L’enseignant d’escrime doit s’abstenir d’exprimer des appréciations négatives sur l'activité professionnelle d'un confrère.

1 mars 2016

JOYEUX ANNIVERSAIRE & REMERCIEMENTS

J'attendais les chiffres impatiemment. Ils sont tombés !

169 Méthodes Catalane de vendues l'année passée ! Ce qui porte le chiffre à 2305... Et bien, c'est pas si mal !

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et

105 pour le VADI... Ce qui monte à 406 exemplaires écoulés depuis sa parution, en Novembre 2014.

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Et bien, il ne m'en faut pas plus pour bien débuter le mois de mars et surtout cette année 2016.

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Cette année rime avec plusieurs anniversaires d'abord la Méthode Catalane, tant décriée mais toujours d'actualité. Et bien entendu l'Ecole Catalane de Combat Médiéval, dix ans que cette association existe et travaille non seulement dans le sens de l'enseignement mais aussi de la recherche. Je ne vais pas détailler mon Curriculum... pour les curieux un résumé est quand même accessible en PDF en bas de page. Par contre, je vais m'attarder aux remerciements. Tout d'abord les plus récents, je remercie Michel Olivier, pour m'avoir fait confiance depuis quelques années. J'ajoute l'Académie d'Armes de France qui m'a nommé depuis dix jours comme son secrétaire avec Jean-Noël Hautefaye.

Pour ceux qui ne le savent pas, avant de bosser l'arme à la main, j'ai donné mais aussi reçu des coups. Je pense au Maître Kang Seung Sik et à Jean-Luc Lahille, je les remercie encore car c'est grâce à eux que ma vie à prix un virage... J'ai donc commencé les Arts-Martiaux en 1989. Certains de mes détracteurs n'étaient pas encore nés et d'autres plus anciens étaient encore aux primaires, ne parlons même pas de celui utilise son pantalon de kimono comme pijama en guise d'expérience martiale. Magnifique...

Rencontres Nationales et internationales, j'ai pas mal roulé ma bosse ou du moins j'en ai aussi hérité de quelques unes.

En 1997, je fais la connaissance de Manu Clergeau, l'histoire certains la connaissent, mais c'est lui qui a mis la première épée dans ma main... C'est là que tout a basculé ! Je n'ai jamais autant mangé d'entrainements que ces années là. Tir, course, natation, escrime, équitation, taekwondo, jodo, ken...parfois, j'arrivai à 8 heures d'entrainements par jour !

Et là manu, merci encore. L'une de mes plus belles rencontres, celle qui mêlent, amitié, boulot et honneur sans aucune engueulade ! Celà va faire bientôt 20 ans !

20 ans que je manie une épée, et celà va bientôt faire 20 ans que je manie des armes anciennes, rapière d'abord et rapidement les armes médiévales. Des plaies, des bosses, des pseudos Maîtres d'Armes en fête médiévales ou des sois-disant experts, c'est ce qui m'a motivé à écrire mon premier ouvrage. Hélas, et celà ne va pas changer du jour au lendemain, il ne suffit pas de mettre la main sur une arme pour savoir la manier... et non ! Il ne suffit pas non plus, de 3 ans d'apprentissage en auto-didacte la tête dans un bouquin ou en pseudo stage pour comprendre l'essence du combat... non plus. C'est dans cette dimension d'expérience et d'escrime que je remercie mes deux Maîtres : Bernard Marché-Roubakovitch et Marie-Chantal Demaille.  Ces deux personnages ont pris de leur temps pour m'enseigner l'Art de l'Escrime. Merci à eux, et je renouvelle la fierté d'avoir été leur élève car, il y a dix jours, c'est à moi qu'ils ont donné leur pouvoir pour les représenter à l'Académie d'Armes de France. Merci, Maîtres !

En 2006 donc, j'écrivais la Méthode Catalane, avec déjà un petit bagage d'enseignant et surtout les diplômes qui allaient avec (au passage). Une méthode simple, qui non seulement enseigne quelques bases pour ne pas se faire mal, mais aussi quelques lignes de travail comme la coupe et le combat... C'était, il y a dix ans et c'était déjà le contenu de mes cours d'escrime (ou de Combat Historique). Ceci pour justifier le fait que ne je n'ai rien volé à personne, je me suis entouré de personne de qualité comme Camille Broquet (Archéologue), rencontré des personnes pour échanger comme Serge Tignère (Docteur en Histoire)... et là encore ce sont des rencontres qui font des fois avancer l'appareil à projet. En 2009, j'ai croisé Brice Lopez sur le tournage de Chevaliers. Je bossais sur le Vadi à ce moment là... et il était bien avancé. Brice à alors accepté de faire la préface. 2009, cette année là je me demande si mon copain au Pijama/Kimono connaissait le VADI ?

Bref...

Entre les publications dans la presse spécialisée, les docu-fictions, les cours, les stages, ma participation active dans la Commission Nationale d'Escrime Artistique, de Spectacle et de Combat Historique de la Fédération Française d'Escrime...

Nous sommes en 2016, j'ai toujours autant d'ami fidéles, et je suis fier que Brice Lopez, aussi, en fasse parti. Si la Méthode Catalane reste "une vulgarisation poétique sentant la garrigue et la méditerranée - critique du Vadi sur Amazon" et donc une base pour le débutant. Je profite de ces lignes pour vous annoncer qu'une Méthode de Combat Historique est en projet pour cette année et qu'elle sera signée :

 

Brice LOPEZ

&

Olivier PATROUIX-GRACIA

 

Membres de l'Académie d'Armes de France

 

LE CV :

CV_OPG

 

6 février 2016

ART MARTIAL OU SPORT DE COMBAT ?

A l'heure où certaines personnes se posent encore la question sur la différence entre Art Martial et Sport de Combat ? A l'heure où certaines personnes diabolisent le spectre de la compétition et son intérêt dans l'étude martiale. Voici un petit article de ma plume, paru dans laDragon 13 revue Dragon Magazine de juillet/août 2014 qui essaye (entre autre) de synthétiser simplement ces deux points de vues.

 

 

Art Martial ou Sport de Combat ?

Du 18 au 26 octobre dernier se déroulait à Saint-Pétersbourg la 2° édition des « Sport Accord World Combat Games ». Quel plaisir de découvrir l’Escrime, la Boxe, la Lutte Gréco-Romaine côtoyer d’autres Arts Martiaux et Sports de Combat. Quelle joie de voir enfin l’escrime reconnue comme une discipline martiale à part entière. Alors Sport de combat ou Art Martial ? Si les Arts Martiaux Orientaux affichent actuellement plusieurs centaines de milliers de pratiquants en France, les Arts Martiaux Européens ne sont pas de reste. Qui sont-ils ? Quels sont les différences et les points communs qu’ils cultivent avec les Arts Martiaux Orientaux ?

Avant d’avancer et de plonger dans le monde des Arts Martiaux Européens quels sont les points principaux qui caractérisent les Arts Martiaux en général. Il est évident que nous associons plus facilement le terme « Art Martial » aux disciplines Asiatiques, qu’européennes. « Sport de Combat » rime d’avantage à l’idée que se fait un Français d’une discipline guerrière européenne. Et c’est par cette différence entre les Arts Martiaux et les Sports de Combats que nous entamerons leurs définitions respectives.

Le « Sport de Combat » nous renvoie à la pratique d’une discipline en compétition. En effet, la saison sportive d’un pratiquant se termine à la fin de son calendrier de compétitions. La compétition est un objectif à part entière qui rythme l’entraînement. Selon l’importance que prend l’objectif compétitif (Circuits régionaux, nationaux, championnats régionaux, nationaux internationaux, circuits de coupes du monde, championnats du monde, jeux olympiques), les apprentissages puis ensuite les entraînements s’y adaptent.

Dans les « Arts Martiaux » la compétition ne revêt pas la tenue de finalité mais celle d’outil éducatif. En effet, on cherche à placer l’artiste martial dans une condition différente de celui du club, de la salle, ou du dojo pour qu’il sorte du carcan de l’habitude et de le confronter à différentes situations de stress. De façon à ce que cette expérience l’enrichisse et enrichisse son expérience personnelle. Car s’il y a bien une chose qui caractérise l’objectif d’un art martial c’est l’enrichissement personnel qu’il apporte au pratiquant. Ainsi l’objectif d’un Art Martial ne se borne pas aux frontières d’une année sportive mais à celle d’une vie humaine.

Dans le respect de cette différenciation évidente où la place de la compétition est caution de la définition du sport de combat et de l’art martial, certaines disciplines sportives comme l’escrime dites moderne par exemple partage ces deux conceptions. Par ailleurs, un autre élément est à prendre en considération quand on parle d’Arts Martiaux et de l’escrime, c’est son histoire.

L’histoire de l’escrime s’inscrit sur plusieurs générations de Maître d’Armes. Ce sont eux d’ailleurs qui ont écrits sur les techniques et l’histoire de leur art, et ce jusqu’à ce que l’histoire devienne une science c'est-à-dire fin des années 60, début des années 70. Il faut attendre les années 90 pour que les historiens s’attaquent à l’étude de ces trésors nationaux que sont ces traités martiaux. Ces traités d’origine Allemande, Italienne, Espagnole, Française… ont ponctué l’évolution des Arts Martiaux Européens. Car dès le XVème siècle, certains Maîtres considèrent leur science comme un art et une voie, celle de Mars. Philippo Vadi auteur de l’Arte Gladiatoria Dimicandi combine Escrime, Dague, Combat à mains nues… et pose dès ces premières lignes sa discipline comme un Art, dans tous les sens du terme :

La musica l’adorna e fa sugetto                        « La musique orne et combine (faire sujet ?)

Ch’l canto e’l sono s’enframente in l’arte            le son et le chant par l’art,

Per farlo di scienti piu perfecto.                          et (avec) la science la rend parfaite.”

 

La geometria e musica comparte                       La géométrie et la musique combinent

Le loro virtu scientifiche in la spada                     leurs vertus scientifiques dans l’Epée

Per adornare el gran lume de Marte.                   pour orner la grande lumière de Mars.

(Vadi – L’Art de Combattre du Spadassin – Chapitre 1er – Strophe 8 et 9)

 

Toujours dans ce même traité, le Maître, originaire de Pise, fait régulièrement référence à son Art. Dans le chapitre 3 par exemple le mot « Art » y est présent 9 fois ! (Cf. strophes 3, 30, 31,33, 39, 41, 44, 45, 47)

Les strophes de cette œuvre martiale italienne brillent par leurs intérêts éducatifs. Car elles élèvent l’enseignement du combat comme une activité culturelle et sociale ne le laissant plus en l’état de formation purement militaire. Ces vers glorifient la courtoisie et l’éducation ainsi que le lien sacré du Maître et de l’élève, thème récurant dans la culture Asiatique des Arts Martiaux. Comme dans la période du Japon Shogunal où le Samourai sans maître était un Ronin, Vadi conseille à l’expert de se trouver un mécène, pour gagner sa vie. Avec ce livre, écrit au XV° siècle, rappelons-le, nous sommes en présence d’un Art noble, digne de n’importe quel autre Art Martial dit « Oriental ». Le spirituel et le temporel sont traités côte à côte.

 

Lointains et pourtant si proches

Si les derniers paragraphes confirment les dimensions spirituelles et actuelles des points communs que partagent ces Arts Martiaux que pourtant tout opposait au début, qu’en est-il des similitudes techniques ? En conservant le VADI, référence historique éditée récemment par les éditions Budo, deux axes semblent intéressants à développer. Le premier désigne les coups de bases, le deuxième détaille les techniques de clés. A ce propos, il est intéressant de s’attarder sur l’écrit européen qui privilégie d’avantage les techniques à l’épée que les autres. Cependant on peut aisément comprendre que toutes ces techniques ne vont pas l’une sans l’autre (Cf. Encadré – Le Vadi en chiffre).

Même si l’épée longue Italienne comporte deux tranchants son maniement est très proche du Kenjustu comme vous allez le constater dans les lignes suivantes :

D’abord Shomen Uchi qui est une coupe verticale du milieu-haut du visage vers le bas se superpose au Stramazzare du Maître Pisan – Stramazzare en Italien signifie : S’abattre. Ensuite, nous avons Kesa Giri qui est un mouvement de découpe diagonal vers le bas, selon un angle quelconque, de gauche à droite ou l'inverse. Ce coup en diagonale appelle le Fendente et Riverso Fendente. En continuant nous pouvons décrire Yoko Guruma qui est une coupe horizontale. Yoko signifie « côté ». Cette technique quand on découvre Vadi s’aligne aux Volante. En revanche, une exception de réalisation existe dans cette technique puisque Yoko Guruma de Gauche à Droite s’exécute la main en Pronation alors que le Volante Riverso s’exécute en supination. Pour conclure Tsuki est un coup d’estoc, si cette technique n’est pas prédominante en escrime japonaise, elle l’est chez Vadi. Il l’appelle la Punta (Pointe).

Direction de coupe

Représentation schématique des angles de coupe

 

Attention, il est important de souligner que le cadre d’application du sabre ou de l’épée longue était différent pour l’un et l’autre. Puisqu’à cette période on retrouve respectivement le premier essentiellement en combat contre plusieurs adversaires alors que la deuxième s’exprime majoritairement en duel civil.

Pour parfaire la comparaison entre les connaissances martiales asiatiques et européennes nous nous attacherons dans les lignes suivantes à superposer quelques illustrations de Jujitsu Kano de 1905 et d’astuces à mains nues présentes dans le VADI.

 Points Communs

 

Il est vrai qu’à la vue de cette superposition iconographique la recherche de se défendre, dans tous les pays, en toute situation apparait comme évidente. Les trois premières strophes sur Chapitre IV de l’Art de Combattre du Spadassin peuvent clore ces lignes :

Quest’arte è tanto nobile et gintile,                   Cet Art est si noble et si gentil,

Ella amaestra l’omo nell’andare,                       Il éduque l’homme dans la voie,

Fa l’chio presto, ardito e segnorile.                   Il fait l’oeil vif, hardi et maître.

                                                                                                                                                              

Quest’arte t’amaestra a ben voltare                  Cet art te forme à bien bouger.

A’(e)nsegnare ancora coprire e star forte,         Il enseigne aussi à se protéger et être fort

E taglie e punte insegna el ben parare              La taille et la pointe, il enseigne a bien parer

 

Quanti sonno senza numer morte,                     On ne compte plus ceux qui sont mort,

Ché l’arte non gli è stato a lor gradita,                Parceque l’Art n’eut été à leur goût,

Pero han de vita chiuse le lor porte.                   Et qu’ainsi ont clôt les portes de leur vie.

 

 

Cet Art éduque l’homme dans la Voie

Quest’arte amaestra l’omo nell’andare – Maître Philippo VADI – XV°siècle

L’andare (la voie), à la découverte de cette notion nous ne pouvons nous empêcher de penser, une nouvelle fois, à l’exclusivité désuette que représente le budo japonais. C’est un clin d’oeil intéressant sur la voie martiale. Il confirme que par les quatres coins du monde l’homme n’a pas attendu un messie sauveur pour lui apprendre à se défendre ou à s’élever spirituellement. En effet une théorie tenace mélée à la légende a été entretenue pendant une bonne vingtaine d’années dans les Arts Martiaux orientaux comme quoi le moine Bodhidharma aurait essaimé son art du combat et sa pensée dans plusieurs pays Asiatiques dont la chine et l’île d’Okinawa... Actuellement, en Europe, une vague de chercheurs cultivent la même erreur en ce qui concerne le Maître Liechtenauer.

L’Arte Gladiatoria Dimicandi n’est pas un cas isolé dans la littérature martiale Européenne. Des traités antérieurs atteste de la volonté de certains combattants et Maître à fixer leur savoir et/ou leur expérience sur le papier. Les siècles qui suivront verront la multiplication d’ouvrages et d’interprétations de l’Art de Mars par de nombreux Maîtres Européens.

Si l’on suit l’enseignement du Pisan, son livre d’auto-défense devient un guide d’éducation physique générale réservé à l’élite. Nous sommes vraiment très éloigné des clichés d’une escrime ancienne européenne dépourvue de finesse et d’éducation. En outre les mots limpides de clarté de cet ouvrage conseillent de rester attaché à l’étude complète de l’Art sous peine d’avoir une vie écourtée. Le VADI, et ce n’est pas le seul, peut s’afficher grâce à sa spiritualité indéniable dans une bibliothèque aux côtés de livres asiatiques tels que le Gorin No Sho de Miyamoto Musashi, l’Art de la Guerre de Sun Tsu, le Hagakure de Tsunemoto Yamamoto... tous ces trésors s’avèrant être de véritables et incontournables guides philosophiques pour notre quotidien.

En somme, les Arts Martiaux Européens n’ont rien à envier à leurs homologues “Orientaux” tant sur le plan technique, que sur le plan spirituel. Cependant, préservant le thème Europe/Orient d’autres sujets s’ouvrent à nous comme la comparaison chronologique détaillée par exemple. Ensuite, l’intérêt de ces traités historiques attirent de plus en plus de curieux et sucitent déja des débats passionnés entre spécialistes, professionnels martiaux et historiens. Les discussions sont levées, les pratiquants sont en armes et les fournisseurs commerciaux le sont aussi en proposant des lignes de protections adéquates à l’étude de tous ces traités. Alors mesdemoiselles, messieurs... En garde !

 

Olivier PATROUIX-GRACIA

Maître d’Armes

Membre Titulaire de l’Académie d’Armes de France

Membre de la Commission Nationale FFE d'Escrime Artistique, de Spectacle et de Combat Historique


 

Le VADI en chiffre :

Stat 2Stat 3

 

Sans titre

 

 

Bibliographie :

Agakure - Tsunemoto Yamamoto – Ed. Budo
Arts Martiaux / Sports de Combat – Y. Kerlirzin & G. Fouquet – Cahier de l’INSEP – 1996
Gorin No Sho – Miyamoto Musashi – Ed. Budo
Karaté Bushido - #1312 – Décembre 2013.
Kenjutsu / Héritage spirituel de Tenshin Shoden Katori Shinto Ryu – Maître Rizuke Otake – Ed. Budo - 2001
L’Art de la Guerre – Sun Tsu – Ed. Budo
Le Jujitsu Kano – Higashi & Hancock – Ed. Budo - 2002
Shogun – Le pouvoir de la Guerre – Dominique Martel –Editions Pardes - 1991
VADI ou L’Art de Combattre du Spadassin – Maître Olivier Patrouix-Gracia– Ed. Budo - 2013

 

 

JE REMERCIE, TOUT PARTICULIEREMENT, PIERRE-YVES BENOLIEL POUR L'AUTORISATION DE REPRODUIRE L'INTEGRALITE DE L'ARTICLE SUR CE BLOG.

5 février 2016

LA BIBLIOTHEQUE NUMERIQUE DE L'IFFE

Pour les curieux, les amoureux, les professionnels ou les amateurs d'escrime, je vous invite à rendre visite au site de l'Institut de Formation de la Fédération Française d'Escrime (IFFE).

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Cet institut à pour charge d'organiser, structurer, et assurer l'enseignement de l'escrime à l'échelle nationale.

Dans ses prérogatives, l'IFFE a, depuis quelques années, sous l'égide de Jean-Pierre PHILIPPON, Directeur Technique National en charge de la Formation au sein de la Fédération Française d'Escrime, numérisé bon nombre de documents concernant l'escrime, son enseignement et son histoire.

On y trouve des choses passionantes ! D'ailleur, je viens de découvir une livre de Jean-Joseph RENAU.

Je vous invite donc à visiter cette Bibliothèque Numérique, et piocher un livre présent sur ses rayonnages.

L'IFFE est dynamique et numérise régulièrement des ouvrages.

A suivre donc...

 

 

 

 

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3 octobre 2015

C'ETAIT UN COUP DE GUEULE MATINAL

Cela faisait bien longtemps que je n'avais pas pris ma plume ! Le billet d’humeur suivant date d’il y a deux saisons. Il prenait la forme d’un coup de gueule post-compétition. Après l’avoir rapidement supprimé, je le publie aujourd’hui sous sa forme remaniée. Effectivement, il était assez injurieux en l’encontre d’un jeune arbitre qui n’en valait pas vraiment la peine. Par contre, il soulève à juste titre, je pense, l’éternel problème de l’arbitrage au fleuret et des tendances que pourraient prendre l’arbitrage du combat historique si d’aventure on appliquait une éventuelle convention.

 

RAPPEL :

 

REGLEMENT POUR LES EPREUVES DE LA FIE - Décembre 2013

CHAPITRE 2 - Article t-7 Actions offensives et défensives

[...]

1- L'ATTAQUE est l'action offensive initiale exécutée en allongeant le bras et menaçant CONTINUELLEMENT la surface valable de l'adversaire, PRECEDANT le déclenchement de la fente ou de la flèche (Cf. t56 ss, t.75 ss.)

[...]

 

 

« Alors voilà, dans l'ensemble j'ai passé une agréable journée hier.

Journée de compétition où, au fleuret, les pupilles du Perpignan Roussillon Escrime se sont frottés aux benjamins de la ligue (Aude, PO, Hérault, Gard). Les benjamins à l'épée ont découvert leur arène. Et les Cadets se sont illustrés, première et deuxième place chez les filles fleurettiste, 3ème place exaequo pour les garçons.

 

Comme je le disais précédemment, dans l'ensemble la journée c'est bien passée. Jusqu'à la demi-finale où un jeune freluquet à peine sortie de la puberté est venu me donner une leçon de théorie et d'arbitrage !

En pénalisant du coup le pauvre Perpignanais qui développait une escrime exemplaire depuis le début de la compétition.

 

Mon sang ne fit qu’un tour !

 

Donner la priorité à un combattant qui marche bras raccourci la pointe menaçant l'arbitre ça me fait frémir.

Les attaques sur la préparation disparaissent et on se retrouve avec des guignols manchots se poursuivant l'un l'autre...

Tu m'étonnes que le niveau baisse au fleuret et que je me sois d'avantage régalé à regarder les benjamins à l'épée !

 

Le résultat sportif est devenu tellement important que l'on se fout ROYALEMENT de la façon de porter les touches... Un confrère plus âgé est même venu me voir au moment où je gueulais sur la piste (et dieu sait, enfin surtout mes anciens tireurs savent que je ne suis pas coutumier du fait), en me disant l'air dépité, voir même un peu dégouté, que c'était pour cette raison qu'il ne faisait plus que de l'épée. Quant au petit jeune de la Ville X qui arbitrait le Perpignanais et un tireur de la ville X*. Mon grand, je pense que tu fais partie de ces fleurettistes qui n'ont jamais percés et qui du coup n'ont plus que la possibilité d'arbitrer pour se rapprocher d'une piste. Tu ne fais pas ça parce que tu aimes l'escrime mais juste parce que tu as loupé ta carrière sportive et que tu n'as rien compris à l'esprit martial de ta discipline. L'escrime mon grand, ça va au-delà d'un gymnase humide et mal éclairé où tu vas te faire une poignée d'euros parce que tu as avantagé un escrimeur de ton club !

Et je ne reviendrai pas sur le fait que tu as au passage était insultant et irrévérencieux avec moi.

Félicitations à Laura, Gaelle, Yohan et Adrien pour leur podium... et bonne continuation aux autres vous avez été formidables !

 

L'escrime ne s'arrête pas à quelques marches récompensées par une coupe ou une médaille. Cette parenthèse victorieuse n'est qu'une expérience et non un objectif. N'oubliez pas messieurs et mesdemoiselles que quand vous vous battez l'arme en main, vous vous battez contre vous-même et votre construction personnelle.

 

C'est ça l'escrime !". »

 

A noter que quelques mois plus tard, je me retrouvais à Paris assis dans les gradins du circuit national Fleuret Dames Seniors et que l’arbitrage des filles m’a rassuré. J’ai vu des attaques sur la préparation ! C’est-à-dire que les filles partant bras raccourci étaient sanctionnées bêtement par des attaques sur la préparation largement justifiée ! En gros…si t’attaque bras court ! T’es mort !

 

On peut remarquer en lisant ce coup de gueule que j’étais bien furax. Cependant, le problème n’est pas nouveau au fleuret. On fait toujours face aux différentes interprétations de la convention alors qu’il n’y en a qu’une… Mais transposons ce malheureux incident non isolé à notre pratique du combat historique.

 

Que va-t-il rester du geste (dit historique) si l’on applique une convention ? Puisque le fait de transposer déjà une pratique martiale dans une sphère compétitive déforme la réalité technique.

 

Que va-t-il se passer quand les interprétations arbitrales seront  différentes selon la zone géographique originaire de l’arbitre ?

 

Comment, en respectant les zones géographiques justement, vont pouvoir s’affronter les petites poignées de combattants pratiquant différents styles si on les enferme dans un type carcan de règles conventionnelles ne les concernant pas ?

 

Et bien entendu, comment former des arbitres correctement et rapidement alors que la pratique est en plein essor ?

 

Alors que nous en sommes qu’au balbutiement des pratiques dites sportives en combat historique, il s’agirait de faire attention et de ne pas reproduire les erreurs des disciplines qui paraissent nos aînées.

 

*X étant la même inconnue – pour les non mathématiciens si la ville du tireur était différente de celle de l’arbitre j’aurais choisi Y.

23 janvier 2015

PIERRE THIRIOUX

Thirioux

Un grand Maître nous a quitté. Nous sommes nombreux a retourner régulièrement dans les pages de son ouvrage sur l'escrime moderne. Plus qu'un traité, il demeure une encyclopédie que nous consultons assez régulièrement. Il est précis et monumental. Le Maître Jean-Michel OPRENDEK lui a rendu hommage dans les lignes suivantes.

 

HOMMAGE RENDU au  MAÎTRE Pierre THIRIOUX

Le 12 Janvier 2015 au cimetière de Noisy-Rudignon.
Par Jean-Michel OPRENDEK
 
Nous sommes nombreux, famille de l'escrime, famille du sport ainsi que les représentants des Institutions qu'il a servies, à être auprès du Maître Pierre THIRIOUX, ici et en pensée venant de tous horizons et même de l'étranger, pour l'accompagner dans son dernier voyage et partager avec vous, Gérard, Martine, Bérangère, la douleur qui est la vôtre parce qu'il nous a tant donné que nous sommes nous aussi orphelins : une part de nous s'en va
Mais soyez persuadés que demeure en nous ce qui avec sa mémoire ne disparaîtra jamais : cette escrime que hautement qualifié, perfectionniste et passionné, il nous a laissée en héritage, faisant de ceux qu'il a formés des enseignants qualifiés, des champions dans ses clubs et ces générations de sportifs de haut niveau qu'il a entraînés durant 35 années au BATAILLON de JOINVILLE à FONTAINEBLEAU. 
    
C'est une  longue et belle histoire que la carrière du Maître THIRIOUX et si elle sera évoquée ici et dans nos différentes revues, c'est avec le cœur que je vais vous parler de ce qu'en fait il était : l'homme, le maître et le patron. 
 
Elèves maîtres, il nous a fascinés. Pierre - Il m'avait sommé un jour de l'appeler par son prénom et de le tutoyer – plus que par sa taille, nous en imposait par sa pédagogie qui était d'une clarté limpide et surtout il exécutait lui-même ce qu'il exigeait : le geste parfait. Il était donc terriblement exigeant mais excellent pédagogue, il nous donnait les clés pour y arriver et sans cesse nous corrigeait de la voix et systématiquement par la démonstration. Et du premier au dernier jour, pendant deux ans, les programmes étaient connus, les cours préparés, la cadence de  travail ne faiblissait pas, c'était une organisation parfaite : nous savions où nous allions. Dure école mais belle Ecole magistrale au sein des Armées, formation d'excellence malheureusement disparue qui nous manque aujourd'hui. Et dans ce contexte militaire, en sortait des actifs, des républicains. Elle était à son image car avec son style et sa forte personnalité, il nous a  rassurés, il nous a donné des certitudes à l'âge où les jeunes gradés sportifs sélectionnés que nous étions, ne pouvaient préjuger de leur avenir.    
Si le maître était ainsi, l'homme avait de la prestance et beaucoup d'allure. Le comportement de Pierre THIRIOUX était d'une politesse exemplaire, même en colère, je ne l'ai jamais entendu prononcer un mot grossier. C'était même un sujet d'étonnement entre nous. Ignorant pour la plupart les usages de ce sport, pour nous le maître c'était l'escrime et l'escrime c'était lui. Donc pas question de se laisser aller. Il nous a appris l'escrime mais aussi, pour ceux qui auraient pu déroger à ces principes censés être acquis, il aura été un éducateur complet, une référence à maints égards, celle d'un travailleur acharné, affinant en permanence ses cours, sa technique et sa pédagogie. Testeur à ce sujet, il faisait  preuve d'une vivacité d'esprit et dans cette exploration, il jubilait. C'est un tempérament, celui de la nature curieuse d'un homme qui s'exprimait.
Au-delà de ces aspects, le maître Pierre THIRIOUX était sympathique, vigilant et bienveillant avec ses élèves. C'était les siens. Nous étions de sa chapelle et cela avait du sens pour lui. Un réel attachement s'instaurait entre nous, un lien ténu se tissait le temps de ces années fécondes et en fait il ne s'est jamais vraiment rompu. Partant sur les chemins de la vie portés par cette histoire commune, nous sommes une famille, nous nous reconnaissons.   
Je ne saurais enfin passer sous silence que Pierre était un homme fier, qu'il avait même la réputation d'être  orgueilleux. Il avait effectivement cette qualité qui est une arme à double tranchant pour ceux qui ne sont pas capables de recevoir ces deux menteurs d'un même front : L'ORGUEIL et la MODESTIE. Quoi qu'on en pense, il savait faire la part des choses. Pour l'anecdote, ses pairs, ses  condisciples et tous ceux de l'époque flamboyante de l'école magistrale d'Antibes, l'appelaient « le Grand Pierre ».  Il assumait.
Quant au patron qu'il a été avec les équipes de cadres qu'il avait constituées, il était à l'opposé de l'autorité à laquelle on aurait pu s'attendre : il n'intervenait jamais avant, pendant ou après les cours que nous faisions. Il nous avait choisis, il nous faisait confiance, répondait à nos questions si nous en avions, allant au fond des choses et ça se terminait toujours en salle, les armes à la main. Former des élèves maîtres et entraîner les escrimeurs du BJ, sous la direction du Maître THIRIOUX  c'était un honneur, un plaisir, un affinement permanent de la connaissance de l'escrime auprès du Grand Maître qu'il était. En atteste les parcours ultérieurs de ceux qui ont eu ce privilège : ils sont édifiants. 
Maître des  clubs de l'OGCNICE et de RIS- ORANGIS, il a formé des champions qu'il serait trop long de citer si ce n'est le médaillé d'argent aux JO de 1964 à TOKYO, le sabreur niçois Claude Arabo. Entraîneur en chef du BJ, ils sont légions ceux qui sont passés à son plastron au fleuret, au sabre et à l'épée, et il valait mieux être en forme. Tous les escrimeurs sélectionnés par la FFE pour le BJ, ont beaucoup progressé à cette cadence d'entraînement quotidien exclu en temps normal. Cette disposition exceptionnelle permettait à nos équipes masculines nationales de préparer pendant toute une année les JO, dans ce système où les accueillait le Maître, bien des médailles olympiques ont été en amont forgées. Tous, sans exception gardent un souvenir ému de leur année passée au Bataillon de JOINVILLE à FONTAINEBLEAU, avec le Maître Pierre THIRIOUX. 
J'aurais et ils auraient, tous les amis nombreux qui sont ici aussi, bien d'autres choses à dire, de belles choses et de beaux moments  passés avec lui. Je ne le pense pas, je le sais. Certes il aimait l'escrime, il aimait ses élèves ; c'était un champion, il aimait gagner ; il voulait être le meilleur et il l'a été. Sa plus grande qualité pourtant, l'amour qu'il professait le plus, reste à citer et c'est celle-ci :  
 Pierre THIRIOUX aimait par-dessus tout, sa famille. Oui !, sa famille. Il l'aimait  inconditionnellement, attentif à la préserver et c'était son havre de paix, là qu'il puisait son énergie et d'où venait la force qu'il avait. De tous les titres, celui de chef de famille est bien celui qui lui convenait naturellement le plus et qu'il préférait, entouré de l'affection des siens. J'ai eu la chance de passer 10 ans avec lui et en confiance, il lui arrivait de m'en parler. Oui lui qui entrouvrait si rarement la porte de son jardin secret, il me parlait alors de vous : de Renée ta mère Gérard, son admirable épouse qu'il faut totalement associer à la vie et la réussite de ton père et ceux qui l'ont connue pensent aussi à elle aujourd'hui ; il me parlait de toi, très fier de son fils et de Martine ta femme et sa belle-fille aussi, et de toi Bérangère sa petite fille qu'il aimait considérablement. 
Il n'était pas seul, Pierre ! Vous étiez là. Il n'était pas seul notre Maître ! Nous étions là avec cette part de lui qui était et reste en nous.
 Alors, avec tous ceux que j'ai cités qui partagent avec moi ce sentiment, permettez-moi de vous dire que nous sommes aussi, toutes choses égales, 
LES ENFANTS DE PIERRE THIRIOUX  
C'est en communion avec vous que nous le pleurons, que nous ne l'oublierons jamais et que c'est du fond du cœur que nous lui disons 
AU REVOIR MAITRE, AU REVOIR PIERRE ET MERCI
13 décembre 2014

L'AVENTURE CONTINUE

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Suite à la volonté de rapprochement effectuée entre la Fédération Française d'Escrime et la Fédération Française des Arts Martiaux Historiques Européens (FFAMHE), l'ECCM est heureuse de vous annoncer que son affiliation à la FFAMHE a été acceptée.

 

 

 

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3 décembre 2014

MISE AU POINT

Le temps fait son oeuvre, bénéfique ou non, il est temps de faire quelques mises aux points officielles.

Si certains ont pris la peine de me faire part de leurs interrogations. Ils ont au moins fait la démarche de se rapprocher de moi.

Quant aux autres tant pis pour eux, dirais-je.

 

Premier point - la fameuse frise qui défrise.

Apport

Je reconnais que sa présentation occasionne une certaine confusion. Un des objectifs de cette frise est d'aligner des auteurs ayant écrit sur l'escrime et de surligner "les Maîtres d'Armes dont l'apport dans la théorie de l'Escrime Moderne" est remarquable (Ceux qui sont encadrés). Erreur de ma part, Camillo Agrippa n'est pas à proprement parler un Maître d'Armes. Donc mea culpa, il y a une erreur. Quant-à Letainturier-Fradin, Lhomandie, Laborie... j'aurais dû préférer Emile André, Jean Joseph-Renau voire Georges Dubois qui lui était Maître d'Armes.

Mais, l'objectif premier est surtout de souligner le fait que notre culture martiale foisonne d'auteurs.

 

Deuxième point - l'évolution linéaire ?

Sacrée frise ! Déjà qu'il manque une tripotée d'auteurs, le format initial ne me permettait pas de faire rentrer les malheureux sélectionnés. Du coup j'ai choisi de positionner la flèche en diagonale. Mon Dieu ! Que n'ai-je pas fait ! Qui plus est, juste au-dessus de celle-ci, j'affirme qu'il n'y a pas eu rupture mais évolution... Oh punaise ! Ben du coup grâce aux esprits typiquement franco-cartésiens qui nous entourent, nous avons eu droit à cette magnifique formule :

Evolution + Diagonale vers le haut à droite = EVOLUTION LINEAIRE

Magnifique raccourci que voilà. L'évolution même Darwiniène n'est pas linéaire. Quand une chose évolue, des choses disparaissent, d'autres apparaissent, etc. celà sera le sujet d'un prochain article mais pour l'instant restons concentrés...

 

 

VADI - L'inventeur

Ce qui est regrettable, dans la malhonnêteté intellectuelle d'un troll cybernétique quel qu'il soit, c'est la mise en avant d'un tableau et la mise à l'écart d'autres. Dans mon article du Dragon numéro 13, intitulé "Art Martial ou Sport de Combat ?", les graphiques ont sauté à cause du manque de place. Du coup, je les ai joints sur ce blog :

Stat 3

Stat 2Sans titre

 

 

Mon axe de travail principal n'est un secret pour personne. C'est Vadi !

Il est donc évident que je développe essentiellement mes arguments sur le traité de ce dernier. A ce sujet, je n'ai jamais dit qu'il avait inventé quoi que ce soit. Par contre la conceptualisation de sa théorie rentre complétement dans le cadre de la "réduction en art" telle que la définit Pascal Dubourg Glatigny, Hélène Vérin et Pascal Brioist dans "Réduire en Art" (Editions de la Maison des Sciences de l'Homme - 2008). Ce qui fait effectivement de Vadi un précusseur dans la façon de concevoir l'escrime. Mais il n'est surement pas le premier. En tout cas, son ouvrage en est le témoin. Les graphiques ci-joints sont là pour étayer l'importance de la théorie de l'épée et l'épée en elle-même dans un traité de combat de l'époque. Argument qui a quand même son importance.

 

Méthode Catalane - Méthode Folklorique

En une période où tout le monde se foutait joyeusement sur la tronche à grand coup d'épée longue, courte, bâtarde, et à ressort... Où les contusions, fractures, paupières arrachées, côtes fêlées, et autres entailles s'accumulaient aux quatre coins de France et de Navarre. Un temps où certains d'entre vous ne saviez pas à quoi ressemblait un bran d'arçon. Je prenais donc la résolution d'écrire une méthode d'apprentissage pour éviter de se faire mal. Sous l'appellation de Méthode Catalane, parce que Méthode Patrouix-Gracia, ça faisait to much. J'aurais peut-être du... Bim, bam, boum, voilà qu'on me saute sur le paletots... en attendant, on en parle encore, elle s'est vendu à plus de 2000 exemplaires, elle se vend toujours, je pense sincèrement que quelques accidents ont pu être évité et bon nombre d'entre vous ont fini par glisser dans les AMHE... et vous avez bien fait ! En outre, grace à ces ventes, je roule en Porsche, et part en vacances sous les tropiques deux fois par an. Merci encore.

 

Histoire de s'échauffer.

academie-armes

Non content de me dorer la pilule au soleil, de boire des mojitos et de faire jaser du monde de ma chaise longue, mon ordinateur sur les genoux... je m'attache à irriter une communauté qui compte bon nombre d'amis. Décidément, je n'ai que ça a faire. Le dernier article en date dans le collimateur de certains concerne l'histoire de l'AAF. Il s'adresse à ses membres, la FFE étant aussi dans les concernés. Hélas, encore une fois au lieu d'arriver à lire entre les lignes et de voir que les tournures de phrases étaient d'avantage dirigées vers un public escrimeur et escrimeurs ignorants de notre histoire, toujours la même poignée d'agités se sont attachés à poursuivre leur ouvrage de démolition. Tant pis pour eux, encore une fois, une histoire commune est lancée et elle choisira les hommes et les femmes capables d'ouverture d'esprit.

 

Conclusion

Grâce a cette ouverture d'esprit, des initiatives prenant la forme d'ateliers, de stages, de rencontres, d'entrainements permettent à deux Fédérations de se rapprocher. Ce n'est que le début ! Ce rapprochement s'incarne par l'intermédiaire de personnes diplômées ou non, de sport ou d'histoire, désireuses d'approfondir leurs connaissances, de s'améliorer... Elles se placent ainsi dans un cycle de progression et de noblesse martiale. Depuis 2006, je serre les dents et encaisse toutes les attaques personnelles car je sais intimement que l'avenir d'une discipline est en jeu et qu'elle va au-delà de mes considérations personnelles. Des personnes se sont signalées, de par leur désir d'avancer, de construire, de travailler. Celles-ci seront retenues dans un grand projet commun et fédérateur. Les autres, enchaînés à leur boulet de convictions dogmatiques, resteront figés au bord de la route  regarder, avec impuissance, le train de l'évolution passer devant eux.

 

 

 

1 décembre 2014

LE SYNDROME DU JEDI EXALTE

Il y a bien longtemps dans une galaxie lointaine, très lointaine…

En cette période de promotion du nouvel épisode de Star Wars, je vais rester dans le thème en abordant l’archétype d’un personnage que je rencontre et que nous rencontrons régulièrement sur les différents réseaux de discussions électroniques : celui du Jedi Exalté. Les anciens « rôlistes » de ma génération le connaissent puisqu’il est décrit dans le manuel de jeu de la Guerre des Etoiles des éditions « Descartes » de 1988.

couv star wars jdr

 

" - Et ben purée !!!! Ça ne nous rajeunit pas ! "

 

Mais pour les plus jeunes ou tout simplement pour vous rafraîchir la mémoire je vais vous décrire le profil de notre Jedi Exalté :

 

Vous prétendez être un Jedi. En réalité, vous n’en êtes pas un. Vous avez tout lu sur les exploits des grands chevaliers Jedi […] vous avez décidé d’abandonner votre existence confortable pour vous lancer au travers de la galaxie dans une grande quête pour restaurer la tradition Jedi. Dans vos livres, vous avez appris tout ce que vous pouviez sur les méthodes d’entraînements des Jedi et vous avez essayé de les appliquer à vous-même […]

 

Citation typique : « Je sens… une perturbation dans la Force. » (Mais oui, bien sûr mon vieux)

[…]

 

Je n’irai pas par quatre chemins.

Même si les Jedi Exaltés nous entourent, l’analogie avec "Ctrlx" m’a fait beaucoup rire et pas que moi !

 

En effet son livre « La belle époque de l’Escrime »  demeure un ouvrage que l’on pourrait conseiller aux jeunes générations de Maître Jedi, pardon de Maître d’Armes, mais aussi aux plus anciennes, rien que par sa consistance « historico-illustrée ». Ce qui est certain, c’est que ce monsieur, comme tout bon Jedi exalté, à quasiment tout lu sur l’histoire de l’escrime des XIXème et XXème siècles. Hélas, on regrettera le fait que son livre soit parfumé aux essences de la rancœur et de la frustration. Pour finir, et c’est important de le souligner, ses analyses techniques n’atteignent pas celui d’un animateur fédéral en formation. Je pense qu’il aurait dû s’en tenir seulement aux considérations historiques et non techniques. C’est très bien de faire l’éloge du règlement de 1908, par exemple, mais le comprendre et savoir l’enseigner…c’est une autre paire de manche. Et oui, n’est pas Maître Jedi qui veut… l’apprentissage est long et rigoureux.

 

Ce qui est regrettable et aberrant, c’est que nous tenons le même langage. Ce monsieur a juste du mal à lire entre les lignes. Hélas, la paranoïa typique du Jedi Exalté l’empêche d’aller au-delà de sa propre vision, prétendue juste et fondée.

 

Comme disait Montaigne :

"Mieux vaut une tête bien faite qu’une tête bien pleine"

 

Nous en avons la cartésienne démonstration rien qu’en le lisant. Justement, "Ctrlx" donne l’impression d’être le bon élève du primaire, dressé derrière son bureau, qui crie à sa maîtresse en levant le doigt :

 « - Ouiii, mais c’est moi qui l’ai dit en premier ! C’est moi qu’ai raison ! »

 

« - Pffffffoouuuu, si tu veux mon vieux mais ça fait pas avancer le schmilblick… »

 

Je devais faire une critique écrite et appliquée au Maître Castanet de cet ouvrage en retour du prêt qu’il m’en avait fait. Je ne lui ai pas adressé, préférant la façon orale pour gagner du temps.

 

En s’écartant de l’ouvrage et pour revenir sur un point de vue général, et à la lecture des différentes réflexions de ce Jedi Exalté, ce qui glace le sang, c’est son manque de recul par rapport à ses propres analyses, remarquez, c’est l’apanage des trolls cybernétiques de la pire espèce. D’ailleurs sa malhonnêteté intellectuelle est connue de tous. Ce monsieur ne ferait même plus partie de l’HEMAC, comme cela est stipulé sur la quatrième de couverture de son livre. Et d’après une source sûre, une recommandation silencieuse interdirait à bon nombre de pratiquants en AMHE de répondre et/ou alimenter ses discussions publiées sur le net. C’est pour dire l’affection que lui portent ses pairs !

 

Ce qui est dommage, c’est qu’un Jedi exalté se veut sympathique, hélas, trois fois hélas, les analyses ligne par ligne de "ctrlx" sont dignes d’un adolescent pré-pubère cultivant sa mauvaise foi. Ne laissant derrière lui que le gout amer de l’antipathie.

 

 

Olivier PATROUIX-GRACIA

Maître d’Armes

Membre titulaire de l’Académie d’Armes de France

Grand spécialiste de l’Escrime Folklorique

 

academie-armes

 

 

 

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Le Champ Clos Catalan
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